jeudi 19 mai 2011

Tristesse

Depuis le retour au travail, les levers matinaux et le départ vers l'arrêt de bus, étaient souvent difficile. La mise en train était lente puis précipitée pour atteindre à l'heure dite l'arrêt en bas de la rue. Ce matin-là dès les premiers pas, une vague de tristesse s'était abattue sur moi. Mon visage s'effondrait sous une sensation forte de peine. J'étais au bord des larmes comme frappé par le malheur.
Pourtant aucun souvenir connu, aucune image n’' était à nouveau parvenue la nuit à ma conscience. J'étais triste sans savoir pourquoi.

Etait-ce la solitude matinale, la mise en route vers un monde nouveau dont je ne percevais pas encore les structures et où je n'avais pas encore ma place. Ce sentiment latent flottait en moi, sans origine sans attache prêt à sortir.
En supervision, une réflexion me renvoya encore à cette ambiance de pleine que je négociais bien plus facilement que celles où l'agressivité pointait. C'est vrai que face à la peine, j'étais souvent prêt à intervenir, à dire un mot, à être compatissant. En ligne, j'avais aussi reçu une image de ma voix. J'avais entendu à mon propos.
« Vous avez le parlé triste ! »
Un petit air malheureux flottait autour de moi dans mes mots dans mon comportement. Puis un jour en entrant dans une chapelle, un nom flotta brusquement en moi en s'énonçant de manière claire « Tristounet » C'était un mot, un nom qui résonnait apparaissant à ma conscience. Curieusement ne faisant pas parti de mon vocabulaire. Il flottait comme un écho, comme une perception passée, comme un slogan à travers l'éther.
C'était une clé.
Mystérieuse encore mais qui faisait partie de ma vie passée, d'un vocabulaire oublié. Elle devait ouvrir la porte du souvenir qui l’avait fait naître.
C'était la cause d'une blessure comme disaient les membres du renouveau charismatique. il me fallait prier sur elle.

Hier en bénéficiant d’un massage de corps, la kiné me dit percevoir en moi une grande tristesse un état latent de poids du monde agissant également sur les lombaires. C'était bien cela une tristesse voyageait en moi, apparaissait disparaissait sans que je puisse en saisir la cause.
Juin 88-D 50

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